Inheritance Lawyers in Spain

Conseils d’experts sur divorce international espagne juridiction par Tomas Ballestero Avocats — plus de 20 ans d’expérience pour accompagner les ressortissants étrangers dans le système juridique espagnol depuis notre cabinet à Jávea, Costa Blanca.

Lorsqu’un couple international résidant en Espagne ou possédant des biens sur le territoire espagnol décide de divorcer, la première question cruciale est celle de la juridiction compétente. Quel tribunal traitera votre divorce ? Quelle loi nationale s’appliquera ? Ces questions, loin d’être purement techniques, ont des conséquences directes sur le partage des biens, la garde des enfants, et les pensions alimentaires.

Pour les couples français, belges ou suisses installés sur la Costa Blanca — à Jávea, Dénia, Calpe ou Moraira — la situation est particulièrement complexe car elle implique souvent l’intersection de plusieurs systèmes juridiques européens. Comprendre les règles de compétence internationale est donc la première étape indispensable.

Le Règlement Bruxelles II ter : le cadre européen

Au sein de l’Union européenne, la compétence juridictionnelle en matière de divorce est régie par le Règlement (UE) 2019/1111, communément appelé « Bruxelles II ter », qui remplace depuis le 1er août 2022 l’ancien Règlement Bruxelles II bis. Ce règlement établit des règles uniformes pour déterminer quel tribunal d’un État membre est compétent pour traiter un divorce international.

Selon ce règlement, les tribunaux espagnols sont compétents si les deux époux ont leur résidence habituelle en Espagne, si le demandeur réside en Espagne depuis au moins un an avant le dépôt de la demande, si le demandeur est de nationalité espagnole et réside en Espagne depuis au moins six mois, ou si les deux époux sont de nationalité espagnole, quelle que soit leur résidence.

Résidence habituelle : un concept clé

La notion de « résidence habituelle » est centrale dans la détermination de la juridiction compétente. En droit européen, elle ne se limite pas à l’adresse officielle ou à l’inscription au padron municipal. Les tribunaux examinent un faisceau d’indices : le lieu où la personne vit effectivement au quotidien, l’existence de liens sociaux et familiaux, l’activité professionnelle, la scolarisation des enfants, et l’intention de s’établir durablement.

Pour un couple français résidant à Jávea depuis trois ans, inscrit au padrón, dont les enfants sont scolarisés localement et qui travaille en Espagne, la résidence habituelle en Espagne ne fait généralement aucun doute. La situation est plus nuancée pour les résidents saisonniers ou les personnes qui partagent leur temps entre deux pays.

Le choix de la loi applicable : Règlement Rome III

Une fois la juridiction compétente déterminée, une seconde question se pose : quelle loi nationale s’applique au divorce ? Le Règlement (UE) n° 1259/2010 (Rome III) permet aux époux de choisir la loi applicable à leur divorce, sous certaines conditions. Les options sont la loi de l’État de leur résidence habituelle au moment de l’accord, la loi de l’État de leur dernière résidence habituelle commune (si l’un y réside encore), la loi de la nationalité de l’un des époux, ou la loi du for (du tribunal saisi).

Ce choix n’est pas anodin. Le droit français, par exemple, reconnaît le divorce par consentement mutuel par acte d’avocat (sans juge), une procédure rapide et peu coûteuse. Le droit espagnol exige quant à lui une intervention judiciaire, même en cas d’accord mutuel, mais offre une procédure simplifiée (divorcio de mutuo acuerdo) devant le Juzgado de Primera Instancia.

Le régime matrimonial et le partage des biens

Le régime matrimonial est un aspect fondamental du divorce international. En France, le régime légal par défaut est la communauté réduite aux acquêts. En Espagne, le régime varie selon la communauté autonome : la sociedad de gananciales (communauté de biens) dans la plupart des régions, mais le régimen de separación de bienes (séparation de biens) dans la Communauté Valencienne, les Baléares et la Catalogne.

Pour un couple français ayant acheté une propriété à Jávea, la question de savoir si le bien fait partie de la communauté ou est un bien propre dépend du régime matrimonial applicable, qui est lui-même déterminé par la loi choisie ou par défaut par la loi du premier domicile conjugal.

La garde des enfants dans un contexte international

La garde des enfants (custodia) est souvent l’aspect le plus sensible d’un divorce international. En Espagne, la garde partagée (custodia compartida) est de plus en plus favorisée par les tribunaux, tandis qu’en France, la résidence alternée n’est pas systématique. Le tribunal compétent appliquera en principe la loi du lieu de résidence habituelle de l’enfant, conformément à la Convention de La Haye de 1996.

Un enjeu crucial dans les divorces internationaux est le risque de déplacement illicite d’enfant. Si un parent emmène les enfants dans un autre pays sans le consentement de l’autre parent ou sans autorisation judiciaire, cela constitue un enlèvement international d’enfant au sens de la Convention de La Haye de 1980, avec des conséquences pénales et civiles graves.

La pension alimentaire et la prestation compensatoire

Le Règlement (CE) n° 4/2009 sur les obligations alimentaires détermine la juridiction compétente et la loi applicable en matière de pensions alimentaires dans l’UE. En règle générale, la loi applicable est celle de la résidence habituelle du créancier d’aliments (généralement l’enfant ou l’ex-conjoint qui reçoit la pension).

Les différences entre les systèmes sont significatives. Le droit français prévoit une prestation compensatoire (capital ou rente), tandis que le droit espagnol prévoit une pensión compensatoria qui peut être temporaire ou indéfinie selon la durée du mariage et les circonstances.

L’accompagnement juridique spécialisé

Un divorce international nécessite une expertise juridique à la croisée de plusieurs systèmes de droit. Chez Tomas Ballestero Lawyers, notre équipe francophone accompagne les couples internationaux dans toutes les étapes du divorce en Espagne : analyse de la juridiction compétente, choix de la loi applicable, négociation et rédaction de la convention de divorce, représentation devant les tribunaux espagnols, et exécution transfrontalière des décisions. Consultez notre guide complet sur le divorce en Espagne.

FAQ

Puis-je divorcer en France si je vis en Espagne depuis plus d’un an ?

En principe, si votre résidence habituelle est en Espagne depuis plus d’un an, les tribunaux espagnols sont compétents selon le Règlement Bruxelles II ter. Toutefois, si votre conjoint réside toujours en France, il peut également saisir les tribunaux français. Le premier tribunal saisi sera compétent, ce qui rend la rapidité d’action importante dans certaines situations conflictuelles.

Le divorce prononcé en Espagne est-il automatiquement reconnu en France ?

Oui, grâce au Règlement Bruxelles II ter, un jugement de divorce prononcé en Espagne est automatiquement reconnu dans tous les États membres de l’UE, sans procédure d’exequatur. Vous devrez simplement demander un certificat au tribunal espagnol et le présenter aux autorités françaises pour la transcription à l’état civil.

Combien coûte un divorce international en Espagne ?

Le coût varie considérablement selon la complexité du dossier. Un divorce par consentement mutuel devant un tribunal espagnol coûte généralement entre 1 500 et 3 000 euros en honoraires d’avocat, plus les frais de procureur (procurador). Un divorce contentieux international peut coûter entre 5 000 et 15 000 euros ou plus, selon la durée de la procédure et les questions à trancher (garde, biens, pensions).

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